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Compte-rendu de table ronde 2008

Créé le mardi 7 décembre 2010 Mis à jour le lundi 8 mai 2017 Publié le mardi 7 décembre 2010

Samedi 28 juin 2008, à l’occasion de la finale de la troisième édition du concours international de composition pour orchestre d’harmonie : Coups de Vents - Lille 2008, l’AFEEV a organisé une table ronde sur le thème « Répertoire et échanges sur les pratiques orchestrales des ensembles à vent ». Cette table ronde avait pour objectif de faire un tour d’horizon des répertoires et des pratiques actuelles des orchestres à vent en France mais également, dans la limite du possible, en Europe et dans le Monde. Dans la thématique abordée, il était aussi question de patrimoine musical, de rénovation des répertoires et de mise en réseau d’orchestres et de compositeurs. Accueillis dans les locaux du « Nouveau Siècle de Lille », mis à notre disposition par domaine Musique et Philippe Langlet, animée et organisée par l’AFEEV, en partenariat avec « Coup de Vent – Lille 2008 », cette table-ronde précédait la finale du concours de composition. Le choix de la date et du lieu n’étaient pas anodin, puisque les enjeux d’une telle opération sont la défense des orchestres d’harmonie  « patrimoine vivant d’exception et fragilisé ». Le présent Cahier de l’AFEEV en donne un compte-rendu.

 

L’Association Française pour l’Essor des Ensembles à Vent (AFEEV) a, dans cette optique de réflexion, sollicité et réuni quelque grands passionnés de la question. Dans l’ordre alphabétique : Benoît BARBERON, Roger BOUTRY, François CARRY, Maurice CEVRERO, Michel CHEBROU, Romain DEGEORGES, Max DESMURS, Désiré DONDEYNE, Philippe FERRO, Ida GOTKOVSKY, Denis JOHNSON, Régis KERKHOVE, Laurent LANGARD, Patrick PERONNET, Claude PICHAUREAU, Francis PIETERS.

 

 

Philippe LANGLET est excusé, retenu par la préparation matérielle de la finale du concours Coups de Vents-Lille 2008.

 

Afin de lancer le débat, Patrick Péronnet présente une courte étude sur les répertoires interprétés par les orchestres d’harmonie français. A partir de l’étude du Journal de la CMF pour la période décembre 2005-février 2008, la méthode utilisée consiste à repérer les programmes des orchestres de tous niveaux interprétés en public (lorsque les programmes sont précisés). Notons dès lors qu’il y a propension naturelle, dans ce type de publication, à évoquer les créations d’œuvres faites, entre autres, au titre de la CMF (répertoire particulier de l’Orchestre National des Jeunes, le cahier des charges négocié avec le Ministère de la Culture, imposant des créations) ou des Fédérations (régionales ou départementales) de cette Confédération. Il peut donc y avoir une vision déformante par surreprésentation, de la réalité sur le seul sujet des « créations françaises ». Cependant l’étude publiée récemment par l’ARIAM Ile-de-France « 10 ans de création pour ensemble à vent » (publication ARIAM Ile de France et DMDTS, Ministère de la Culture et de la Communication, 2007, 128 pages) semble confirmer une grande activité créatrice pour ces répertoires. Aucune étude récente ne semble avoir porté, en revanche, sur l’interprétation du répertoire patrimonial de l’orchestre à vent français. Nous ne pouvons donc pas comparer nos résultats avec d’autres sources.

L’étude donne les résultats suivants, sur 687 œuvres repérées, la musique française représente 31% des répertoires interprétés (1% de création, 11% de musique originale, 19% d’orchestrations et transcriptions d’œuvres françaises), la musique américano-hollandaise (hors musique française éditée à l’étranger intégrée dans le décompte précédent) représente 32% des répertoires, auxquels il faut additionner 15% de musiques de films, de variétés  transcrites en provenance des Etats-Unis d’Amérique. Le total pour les musiques anglo-saxonnes s’établit à 47% des répertoires interprétés. Enfin  22 % des répertoires trouvent leur origine dans le reste du monde (Russie, Amérique latine, Japon, Asie du Sud-Est). A regarder de plus près ces répertoires, il parait évident que l’esthétique dominante dépasse l’origine géographique des œuvres. Un nombre important de pièces interprétées, pour ne pas dire la très grande majorité, relève de la même culture et de la même standardisation d’écriture.

 

Concert au palais royal.

 

Partant du constat « pessimiste » d’une standardisation à l’échelle mondiale de l’écriture, de l’instrumentarium ou encore des effectifs au sein des orchestres d’harmonie  (et plus généralement des orchestres à vent ), d’une uniformisation des styles, des sons, les membres de l’AFEEV ont voulu engagé une réflexion sur une globalisation de la musique d’harmonie afin de trouver le rôle futur qu’elle pourrait jouer dans la valorisation des répertoires et donc des particularités musicales, en évitant si possible que la « musique française » ne finisse aux oubliettes. Le phénomène, nous le savons, n’est pas lié à la seule « musique française »,  ni à « l’orchestre à vent français ». C’est ce que montre l’étude menée sous la direction de Lluis Bonet et Emmanuel Négrier : La fin des cultures nationales ? Les politiques culturelles à l’épreuve de la diversité, éditions La Découverte, collection Recherches, Paris, mars 2008, 230 pages. Nous reprendrons de cet ouvrage capital pour notre thématique la présentation suivante « La diversité culturelle prétend au statut de nouvelle norme des politiques publiques, dans un contexte de globalisation accélérée des économies et des sociétés. Elle semble remettre en question le caractère national des politiques culturelles qui se sont développées au cours du XXe siècle. Le rapport entre globalisation, culture et politiques publiques alimente un premier débat, pluridisciplinaire, sur la réalité des changements en cours : qu’est-ce que la globalisation, du point de vue des politiques culturelles ? Un cheval de Troie de la standardisation commerciale, ou une nouvelle façon d’aborder les identités au sein d’une société multiculturelle ? Quant à la pratique de la diversité dans les politiques culturelles, elle s’interprète de façon différente selon les contextes nationaux : les cas anglais ou hollandais contrastent avec ceux de l’Italie, de l’Espagne ou de la France » (4e de couverture op.cit.). C’est avec la connaissance de cette approche que l’AFEEV a organisé cette table-ronde.

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