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In Memoriam Guy Luypaerts et André Waignein

Créé le vendredi 1 avril 2016 Mis à jour le mardi 2 janvier 2018 Publié le vendredi 1 avril 2016

— ENGLISH below —

Francis Pieters, membre d'honneur de l'AFEEV nous fait part de ses "In Memoriam" dédiés aux compositeurs français et belge Guy Luypaerts et André Waignein, récemment disparus :

 

"Le compositeur parisien Guy Luypaerts nous a quittés le 19 septembre 2015 quelques jours avant son 98ème anniversaire. On se souviendra de lui comme l’un des tout grands compositeurs français de musique symphonique légère; toutefois n’oublions pas qu’il a également composé un répertoire important  et fort intéressant pour les orchestres d’harmonie et surtout pour les batteries fanfares. Né à Montmartre à Paris le 29 septembre 1917 d’un père belge qui l’incite dès son plus jeune âge à s’initier à la musique, Guy Luypaerts apprend l’accordéon avant d’étudier le piano en autodidacte. Il découvre la musique de jazz et la musique légère ‘sur le tas’ en jouant dans des cabarets de la capitale. Il accompagne plusieurs jazzmen dont Bill Coleman. Lorsqu’il a vingt ans il rejoint la Musique de l’Air. En 1940 il forme l’orchestre du music-hall Plaza à Toulon et rencontre d’abord Jo Bouillon dont il devient l’arrangeur, puis Charles Trenet dont il devient le pianiste attitré et pour qui il dirige de nombreuses séances d’enregistrements. Deux ans plus tard, il revient à Paris et forme un quintette qui interprète ses compositions. A cette époque il compose ses premières chansons et se fait remarquer par sa façon originale d’orchestrer. Bientôt plusieurs grands artistes, dont Lucienne Boyer, Yves Montand, Georges Guétary et Tino Rossi font appel à Guy Luypaerts. En 1946 il compose la musique du film ‘Étoile sans Lumière’ avec en vedette Édith Piaf et le premier rôle au cinéma d’Yves Montand. Cette même année Luypaerts signe avec Georges Ulmer le tout grand succès Pigalle et en janvier 1947 il orchestre et dirige l’accompagnement de La Vie en Rose d’Édith Piaf. Il écrit et dirige de nombreuses orchestrations entre autres pour la firme américaine Capitol aux États-Unis et devient incontestablement un prince de la musique symphonique légère, ce qui est récompensé par le tout premier Prix de la Musique Symphonique Légère de la SACEM que lui remet Georges Auric en 1969. Notons au passage les félicitations personnelles de Cole Porter ! Luypaerts est également régulièrement invité à diriger ses arrangements et ses compositions à l’étranger ce qui lui vaut une réputation internationale et de nombreux prix. Dans les années soixante Robert Goute, tambour-major de la Musique de l’Air de Paris, parvient à intéresser Guy Luypaerts à la batterie-fanfare et le compositeur se met à écrire un nouveau répertoire tout-à-fait original pour ce genre de formation. Grâce aux enregistrements de la Batterie-Fanfare de l’Air ce répertoire innovateur connaît un grand succès; il suffit de citer l’excellent et populaire Taptoe Majorettes. Lentement, mais hélas sûrement, les orchestres symphoniques de musique légère disparaissent, mais Guy Luypaerts découvre l’orchestre d’harmonie qui défend toujours ce genre de répertoire. Il écrit la suite pour orchestre d’harmonie Evergreen, une commande du Ministère des Affaires Culturelles, dans laquelle il utilise des thèmes de ses chansons inspirées par l’Irlande (toujours verdoyante). Pierre Bigot l’enregistre en 1977 avec la Musique de la Police Nationale, tout comme Un bon petit diable, œuvre primée en 1979 par la CMF et En Souvenir de..., une suite comprenant quatre anciens succès de Luypaerts dont ‘Libellule’ et ‘Métamorphose’. En 1984 Guy Luypaerts est lauréat du 10ème concours de l’Union Européenne de Radiodiffusion de Compositions Nouvelles pour Orchestres à Vents à Oslo, Norvège, avec une œuvre intitulée L’Union fait la Force. D’autres pièces dont Mare Nostrum, Exotica, Cascade et  Light Music seront enregistrées pour les Éditions Robert Martin par la Musique Royale de la Force Aérienne Belge en 1998. En 2010 la Musique de la Police Nationale enregistre la suite Étoile de la Mer et des œuvres pour harmonie avec soliste pour saxophone, pour trompette et pour trombone. Il écrit également quelques pièces pour orchestre d’harmonie et flûte qui mettent son fils, l’excellent flûtiste  Guy-Claude Luypaerts en évidence. Terminons par souligner le caractère sympathique et la simplicité de Guy Luypaerts que soussigné a apprécié lorsqu’il l’a rencontré dans le cadre de la promotion de ses compositions en Belgique. Il restera avec nous grâce à ses belles compositions." — Francis Pieters.

 

G LUYPAERTS THE PHOTO

Photographie Jean-Louis Couturier

"The Paris born composer Guy Luypaerts passed away on September 19, 2015 a few days before his 98th birthday. He will be remembered as one of the great French composers of light symphonic music; however we should not forget that he has also composed an important and very interesting repertoire for wind bands, both symphonic band and the French batterie-fanfare, a type of advanced drum and bugle corps. Luypaerts was born at Montmartre in Paris on September 29, 1917 and his (Belgian) father incited him very early to learn music. Guy Luypaerts learned to play the accordion before he started the study of the piano as an autodidact. While playing in cabarets and clubs of the French capital, he discovered jazz music and was to accompany several outstanding American musicians including Bill Coleman. At the age of twenty he joined the French Air Force Band. During the Second World War he became first arranger and then the accompanist of the famous French singer Charles Trenet with whom he conducted numerous recording sessions. He started composing his own songs and was soon noticed because of his quite original way of orchestrating. Numerous French stars including Lucienne Boyer, Yves Montand, Georges Guétary and Tino Rossi soon called on Luypaerts who also collaborated very closely with Edith Piaf. It was he who orchestrated and conducted La Vie en Rose for Piaf. Luypaerts song Pigalle, composed with singer George Ulmer in 1946 became a world hit. In the fifties Luypaerts went to the United States where he was invited to orchestrate and conduct for the Capitol label; he was personally congratulated by Cole Porter! Back in France Luypaerts got a multitude of commissions and he was awards numerous French and foreign composition prizes. In 1969 composer Georges Auric presented Guy Luypaerts with the first “Light Symphonic Music Award” of the SACEM (French society of authors, composers and publishers). In the sixties the drum-major of the French Air Force Band, Robert Goute, turned Luypaerts’s attention to the Batterie-Fanfare, a popular French wind band phenomenon that lacked up-to-date repertoire. The composer started writing a new modern repertoire for this type of wind band. His music was recorded by the Batterie-Fanfare of the Musique de l’Air de Paris and soon became extremely popular. In the meantime he wrote some fifty innovating pieces. As the large light music symphony orchestras gradually disappeared, Guy Luypaerts turned to the symphonic band which continued to defend and play that kind of light repertoire. He composed a series of wind band compositions, including the suites Evergreen, En Souvenir de… and Étoile de la Mer, Mare Nostrum, Concertino for Trombone and Band, Fantaisie Concertante for alto saxophone ad Band, several solo works and a lot of marches. His compositions were recorded by numerous French military and civilian bands, as well as by the Belgian Air Force Band. We can finally only mention that composer and conductor Guy Luypaerts was an extremely sympathetic man as I experienced when helping to promote his music." — Francis Pieters.

 

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"C’est tout-a-fait inopinément que le compositeur belge André Waignein est décédé à Lille le 22 novembre 2015, le jour de la fête de Sainte Cécile. André était bien plus qu’un compositeur de réputation mondiale. Il a été le directeur du Conservatoire de Tournai, auquel il a donné un nouvel élan et au sein duquel il avait créé un excellent orchestre d’harmonie. Aux Conservatoires Royaux de Mons et de Bruxelles où il a enseigné l’harmonie, il a formé d’innombrables jeunes musiciens. Né le 28 janvier 1942 à Mouscron (Belgique), André Waignein apprend la musique avec son père au sein de l'Harmonie Royale Sainte Cécile de Mont-à-Leux. Il étudie la trompette, le piano, la musique de chambre, l’harmonie, l’histoire de la musique et la transposition au Conservatoire Royal de Bruxelles. Pour financer ses études André joue à l’orchestre de Jazz de l’ORTF à Lille. Après son service militaire il étudie le contrepoint et la composition au Conservatoire Royal de Mons. Muni d’une série de Premiers Prix il débute sa carrière d'enseignant à l’Académie de Musique de Mouscron et dirige l’Harmonie La Mouscronnoise l’Harmonie Royale Sainte Cécile de Mont-à-Leux, l’Harmonie Royale de Comines et La Concorde de Péronnes. Ses premières compositions pour harmonie et fanfare datent de cette époque. Lorsqu’il prend la direction du «West Music Club», celui-ci devient une des meilleures formations de jazz de Belgique. En 1977 André est nommé directeur du Conservatoire de Musique de Tournai. Lentement, mais sûrement, et d’abord en Flandre, André Waignein se taille une réputation comme compositeur et arrangeur de musique pour orchestre d’harmonie. Dès 1990, sa collaboration avec les Éditions néerlandaises de Haske le rend très populaire au niveau international. Waignein est lauréat de plusieurs prix nationaux et internationaux (dont le dernier au concours de composition de Torrevieja en 2010) et les commandes affluent des quatre coins du globe. La Cantate aux Etoiles, une de ses œuvres majeures, est créée en la Cathédrale Notre-Dame de Tournai le 15 septembre 1990, avec la Musique Royale des Guides, des solistes, des chœurs d'enfants et des chorales, soit quelque 750 participants. Dans le cadre de Lille 2004 (ville culturelle européenne), le Cercle Choral Européen lui commande un Magnificat pour chœur, soprano solo et orchestre. Son catalogue comprend plus de 150 compositions pour orchestre à vents (harmonie, fanfare et brass band) dont plusieurs avec solistes et dont deux messes Missa Tornacum et Missa Solemnis (créée en France par l’Orchestre d’Harmonie d’Électricité de Strasbourg) et deux cantates. Parmi ses plus récentes compositions qui, il faut espérer, ne tarderont pas à être éditées il y a Impressions pour tuba et orchestre d’harmonie, commande de Thomas Leleu et Itinérances Temporelles, dédié à Yves Segers, chef de la Musique Royale des Guides de Bruxelles. De nombreuses œuvres ont été signées avec les noms de plume Rob Ares, Frede Gines, Rita Defoort et Roland Kernen. Waignein a également fait partie d’innombrables jurys, surtout pour des concours de composition. Bref il était devenu une véritable icône de la musique à vent belge. N’oublions surtout pas qu’André était très serviable et d’une grande amabilité; c’était un privilège d’avoir des liens amicaux avec ce grand compositeur qui survivra longtemps grâce à sa musique qui a réellement enrichi le répertoire de nos orchestres à vents." — Francis Pieters.

 

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"The popular Belgian composer André Waignein passed away quite unexpectedly in Lille (France) on November 22, 2015. André was more than a world famous wind band music composer. He has been director of the Tournai Conservatory which he brought to a much higher level and where he created an excellent symphonic band consisting of some 150 students. He was a most appreciated professor at the Royal Conservatories of Music of Mons and Brussels. André Waignein was born on January 28, 1942 at Mouscron (Belgium) and learned music with his father in the wind band Harmonie Royale Sainte Cécile of Mont-à-Leux. He studied the trumpet, the piano, chamber music, harmony, transposition and music history at the Brussels Royal Conservatory. In order to help his parents to finance his studies André played the trumpet in the Jazz Orchestra of the French radio ORTF at Lille. After his military service he studied counterpoint and composition at the Mons Royal Conservatory. He started his educational career at the Music Academy of Mouscron and conducted several wind bands, including the Harmonie La Mouscronnoise the Harmonie Royale Sainte Cécile de Mont-à-Leux, the Harmonie Royale of Comines and La Concorde of Péronnes. His first compositions for wind band date of that period. When he becomes the musical leader of the ‘West Music Club” he soon turns it into one of the best big bands in Belgium. In 1977 Waignein was appointed director of the Conservatory of Music of Tournai. Gradually, and first in Flanders, André Waignein gets a reputation as a fine composer and arranger of wind band music. His collaboration with the Dutch wind band music publisher de Haske, from 1990 onwards, made him extremely popular all over Europe and even beyond the European borders. Waignein won numerous national and international composition prizes (including the band music composition contest at Torrevieja in 2010) and he received commissions from all over the world. The Cantate aux Etoiles (Stars Cantata), one of his major compositions, was premiered by the Royal Symphonic Band of the Guides, soloists, children’s and mixed choirs, totaling 750 performers, at the Tournai cathedral on September 15, 1990. The Guides Band also premiered several of his compositions and recorded a compact disc with several of his compositions. In the frame of Lille 2004 (cultural city of Europe), the European Choral Society commissioned his Magnificat for choir, soprano and orchestra. Waignein’s catalogue boasts over 150 compositions for wind band (symphonic band, fanfare band and brass band), including several pieces with soloists, two masses Missa Tornacum and Missa Solemnis and two cantatas. One of his very last (up to now unpublished) compositions Itinérances Temporelles for symphonic band was dedicated to Yves Segers, conductor of the Royal Symphonic Band of the Belgian Guides. Quite some of his compositions have been signed with the pen-names Rob Ares, Frede Gines, Rita Defoort and Roland Kernen. Waignein has also been a member of numerous jury’s of international wind band composition contests. Actually Waignein had become a real icon and figurehead of Belgian wind band music. We should however not forget that André was a most obliging, affable and very sympathetic man; it has been a real privilege to have bonds of friendship with this great composer who will survive for a long time by means of his music that has enriched so much the repertoire of our wind bands." — Francis Pieters.

 

 

Edith Piaf, La vie en rose - avec l'orchestre de Guy Luypaerts

 

 

A tribute to Lionel, de André Waignein (Musique Principale des Troupes de Marine + Harmonie du Chesnay, dir. M. Aulio)

 

 

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